Séjour aux Pays-Bas (Chaumière)

Une vie pour la foi

Religion et nature

La religion chrétienne a profondément marqué la vie et l’œuvre de Vincent van Gogh. Jusqu’à l’âge de 26 ans, il voulait devenir prêtre ou missionnaire. Fils de pasteur, il a grandi dans un cadre religieux strict. Avec le temps, la conception de la foi de Vincent s’est progressivement éloignée des enseignements de l’Église. Pour lui, la foi était enracinée dans la compassion pour les gens ordinaires – les ouvriers et les paysans. Il voyait Dieu partout : dans la création du monde, dans les détails de la nature, dans les gens – dans tout ce qui existe.

Nature morte à la Bible, avril 1885
Huile sur toile, 66 x 79 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

Dans cette œuvre, Vincent van Gogh montre son attachement à la foi et aux Lumières. La Bible occupe la majeure partie du tableau. Au premier plan se détache en jaune vif le roman d’Émile Zola »La joie de vivre» (»La joie de vivre») – un symbole de la pensée moderne et éclairée. La bougie sur le tableau est éteinte, sa lumière ne relie pas les livres. La question de savoir quel courant de pensée Vincent privilégie reste ouverte.

Les débuts

Hommage à la dure vie rurale

Dans ce tableau, Van Gogh capture l’ambiance et la dureté de la vie simple des paysans. La palette de couleurs est composée de tons brunâtres sombres. Les personnages ont l’air détendus. Vincent était impressionné par le caractère direct et original d’une telle vie :
»[…] que ces gens […] ont travaillé la terre eux-mêmes avec leurs mains qu’ils mettent dans le bol […] et qu’ils ont ainsi gagné honnêtement leur nourriture.»

Le tableau a été très critiqué à l’époque en raison de son caractère grossier et de ses couleurs sombres. Cependant, pour Van Gogh, le message du tableau était plus important que la perfection technique. Elle témoigne du profond respect de Van Gogh pour la classe ouvrière et illustre son évolution en tant que peintre réaliste. Aujourd’hui, ce tableau est considéré comme le chef-d’œuvre de sa première période et est l’un de ses tableaux les plus connus.

Les Mangeurs de pommes de terre, avril 1885
Huile sur toile, 82 x 115 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

La famille Van Gogh

Père Theodorus van Gogh
(1822-1885)
Vincent van Gogh en 1871 à l’âge de 18 ans
Mère Anna Cornelia van Gogh
née Carbentus (1819-1907)
Le frère cadet de Vincent, Theodorus van Gogh, dit Theo (1857-1891), photographié vers 1889

Vincent van Gogh est né le 30 mars 1853 dans le village de Zundert, dans le sud des Pays-Bas. Son père, Theodorus, était un pasteur profondément religieux et conservateur, tandis que sa mère, Anna, s’occupait plus qu’affectueusement du jeune Vincent. En effet, son premier fils, qui s’appelait également Vincent, était mort-né un an plus tôt, jour pour jour. Et la famille a continué à s’agrandir – Vincent avait cinq frères et sœurs plus jeunes : trois sœurs et deux frères, dont son confident de toujours, Theodorus, dit Théo.

La grande famille Van Gogh était nettement plus riche et privilégiée que la population rurale pauvre que Vincent peignait avec tant de passion à ses débuts. Elle comprenait notamment l’oncle ‘Jan’, un contre-amiral de la marine, et l’oncle ‘Cent’, qui a contribué à fonder le magasin d’art Goupil & Cie et a formé Vincent et Theo dans la filiale de La Haye.

Le frère irremplaçable

La relation entre Vincent van Gogh et son frère cadet Theo était exceptionnellement étroite. 652 lettres conservées témoignent de la manière dont Vincent partageait sa vie, son travail et ses pensées les plus intimes avec Theo. Dans les moments de maladie et de doute, ce dernier a soutenu Vincent en tant que conseiller, mécène, critique et ami le plus proche. En tant que marchand d’art prospère, Théo a contribué de manière décisive au développement artistique de Vincent. Sans le soutien financier et moral de Théo, la vie et l’œuvre de Vincent n’auraient pas été imaginables.

La nature

La famille Van Gogh aimait faire de longues promenades dans la campagne environnante, ce qui a très tôt éveillé chez Vincent un profond attachement à la nature. Sa force originelle et la vie difficile des paysans l’impressionnaient bien plus que l’école, qu’il quitta à 15 ans sans avoir obtenu de diplôme.

Vincent a toujours dessiné régulièrement, mais ce n’est qu’à l’âge de 27 ans qu’il a définitivement décidé de devenir peintre. Dans sa première phase, il se considérait comme un artiste »peintre des ouvriers et des paysans». Les tons bruns et terreux des champs qui rythmaient la vie des gens ordinaires ont marqué ses œuvres de cette époque.

Chaumière à la tombée de la nuit, mai 1885
Huile sur toile, 66 x 79 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

La cabane dans laquelle vous vous trouvez actuellement s’inspire de ce motif typique de Vincent van Gogh. Il appelait ces modestes maisons paysannes »Nids du peuple», soulignant ainsi leur caractère protecteur.

Tête de paysanne au bonnet blanc
(Gordina de Groot),
mars 1885
Huile sur toile, 33 x 43 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

Van Gogh a beaucoup peint par séries. Au printemps 1885, il a réalisé de nombreux portraits de paysannes. Il était fasciné par le contraste entre leurs coiffes blanches traditionnelles et leurs visages sombres, tannés par les intempéries.

Parmi les portraits de paysans de cette époque, c’est le seul dont on connaît le nom du modèle : Gordina de Groot. Elle est également représentée dans le tableau »Les mangeurs de pommes de terre»

Plage de Scheveningen par temps orageux, août 1882
Huile sur papier sur toile, 36 x 52 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

»Les vagues se succédaient si rapidement que l’une chassait l’autre et que le choc des masses d’eau produisait une sorte d’écume […] si l’on regardait plus longtemps, c’était d’autant plus impressionnant que cela faisait si peu de bruit. La mer avait la couleur d’une eau savonneuse sale.»
C’est ainsi que Vincent décrit le tableau dans une lettre à son frère Théo le 26 août 1882. Il se montre un observateur minutieux des forces de la nature et les fixe sur la toile avec la même précision.

Artistiquement, un enfant de son temps

Vincent van Gogh est né à l’époque de l’industrialisation naissante. Il était particulièrement enthousiasmé par les métiers à tisser dans les étroites salles de ferme. En avril 1884, il raconte à son frère Theo : »J’aurai encore beaucoup de travail difficile sur ces métiers à tisser – mais en réalité, ces choses sont si belles – tout ce vieux bois de chêne sur un mur grisâtre – que je pense qu’il est juste de les peindre.» Van Gogh a beaucoup réfléchi à l’impact et au message de ses tableaux. Son désir était de toucher les gens, de susciter leur fascination et d’expliquer le monde en peinture – que ce soit à travers un métier à tisser ou la beauté de la nature.

Tisserand au métier, mai 1884
Huile sur toile, 70 x 85 cm
Musée Kröller-Müller, Pays-Bas

Devant le mur lumineux, la figure du tisserand se confond presque avec l’imposante machine. La lumière de la petite lampe à droite du tableau n’est pas suffisante pour éclairer aussi vivement le mur à l’arrière-plan. Van Gogh a cependant besoin de cette surface lumineuse pour faire ressortir les détails du métier à tisser.

La nature morte – le début de tout

Les natures mortes sont un défi pictural – il s’agit d’extraire la poésie du moment de motifs simples en utilisant la lumière, la technique picturale et les couleurs, de créer une ambiance palpable ou une signification supérieure. Les plus de 170 natures mortes créées par Vincent van Gogh illustrent à elles seules l’évolution de son art, des débuts sombres aux tournesols lumineux.

Nature morte aux choux et aux sabots, novembre 1881
Huile sur papier sur bois, 35 x 55 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas

Cette nature morte est l’une des plus anciennes peintures de Van Gogh. Dans ce premier essai à l’huile, Vincent se bat encore avec les surfaces des différents matériaux.

Nature morte à la faïence, au verre de bière et aux bouteilles, novembre 1884
Huile sur toile sur bois, 31 x 41 cm
collection privée, États-Unis

Un portrait typique de son époque. Ici, Van Gogh utilise des poteries et des verreries comme motif. Il s’agit de l’une des premières marchandises que les usines pouvaient produire en masse.

Plantation de pommes de terre, septembre 1884
Huile sur toile, 71 x 170 cm
Von der Heydt-Museum Wuppertal, Allemagne

Roland Mönig, directeur
Musée Von der Heydt, Wuppertal

Ce tableau fait partie d’un groupe de peintures que l’orfèvre Eindhoven Antoon Hermans a commandé en 1884 pour décorer une pièce de sa maison. Elles devaient illustrer les quatre saisons à travers des représentations de la vie des paysans. Van Gogh a choisi comme motifs le semeur, le laboureur, la moisson, le semis de pommes de terre et, pour l’hiver, un berger avec un char à bœufs.

Le tableau de Wuppertal est la pièce la plus célèbre de ce cycle, dont il ne reste que des fragments. Il marque l’apogée de cette période de la vie de l’artiste. L’effet particulier du tableau provient de la ligne de lumière à l’horizon – un phénomène naturel observé avec précision qui avait sans aucun doute une signification religieuse pour le Van Gogh profondément croyant.

Crâne avec cigarette allumée, janvier 1886
Huile sur toile, 32 x 25 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas
Deux rats, novembre 1884
Huile sur bois, 30 x42 cm
Collection privée
Une paire de chaussures, printemps 1887
Huile sur toile, 38 x 46 cm
Collection privée
La Chauve-souris, 2e HJ 1886
Huile sur toile, 41 x 79 cm
Van Gogh Museum Amsterdam, Pays-Bas